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    Centres Sociaux et programme de santé communautaire

    par Jean-Marc Cottet

    Deux modèles de développement voisins au service de l’engagement démocratique.

    Le Centre Théophaste Renaudot organisait à Lyon, début juin 2006, ses rencontres autour du thème « Les conditions de la participation des habitants aux programmes de santé communautaire ». La conception de ces journées (préparées de manière très participative et organisées autour de multiples ateliers favorisant la rencontre et le partage d’expériences) ainsi que le thème retenu ont attiré l’attention de l’Uracs1. Deux Centres Sociaux (Savoie et Haut-Rhin) engagés dans des programmes de santé communautaire étaient également présents. Une occasion de nous interroger sur la place des questions de santé dans les Centres Sociaux.

    La santé communautaire.

    La prise en compte des problèmes de santé (prévention, dépistage, traitement) se traduit souvent par des campagnes de préventions relayées par les médias, les institutions ou encore les équipements de quartier. Les affiches de l’INPES 2 (sur le tabac par exemple) ou de la sécurité routière font ainsi partie du décor de nombre de nos structures. Nous savons pourtant que ces injonctions massives qui fonctionnent sur la culpabilité ou la peur passent fréquemment à côté de leur cible.

    La pratique de santé communautaire propose une autre approche, inspirée du modèle de développement communautaire Anglo-saxon. Elle prend racine dans la conviction que les programmes de prévention ne peuvent être efficaces que s’ils sont portés par les habitants, qui assurent une traduction culturelle des enjeux et proposent des modalités d’actions adaptées. Cette démarche peut être menée à l’initiative des institutions, qui mobilisent par le biais des acteurs de terrain les populations concernées. C’est un modèle d’intervention qui est souvent utilisé par les associations humanitaires dans les pays en voie de développement. Elle peut être également le fruit de la conscientisation d’une population touchée par un fléau, qui décide de prendre en charge sa santé (un exemple parlant en France est certainement la mobilisation de la communauté homosexuelle qui a fortement agi pour la lutte contre le sida devant la défaillance des institutions de santé).

    Ce modèle de développement a probablement inspiré les balbutiements de la politique de la ville et sa « participation des habitants » qui ne laisse pas que des bons souvenirs. Pour autant, nous connaissons sa puissance lorsque sa finalité n’est pas de servir les politiques publiques mais qu’il sert le Développement Social Local.

    La place de la santé dans les Centres Sociaux,

    Les Centres Sociaux sont-ils des acteurs de santé publique ? La faible participation aux rencontres de l’institut Renaudot et l’absence de réflexion collective dans le réseau3 sur ce sujet, pourraient nous inciter à répondre par la négative. L’éducation populaire qui a mis des années à prendre ses distances avec les approches hygiénistes du début du XXe siècle4, a longtemps considéré les politiques de santé comme une forme de normalisation sociale. Et l’idée même d’être un relais des politiques publiques est de nature à contrarier les équipes des Centres Sociaux...

    Pourtant les problèmes de santé touchent souvent durement les usagers de nos structures et les multiples associations de santé qui interviennent sur la région Rhône-Alpes, mènent des actions ponctuelles en partenariat avec les centres sociaux (bus info santé et ciné santé dans le Rhône, circuit de prévention routière, expos toxicomanies du CNDT). Nous sommes, de fait, des acteurs incontournables pour toucher les populations fragilisées.

    La santé et le Développement Social Local

    Notre intérêt pour la santé communautaire se résumerait-il alors à un « voisinage de modèle de développement » et à un compagnonnage avec des associations de santé publique pour le bien-être de nos usagers ?

    La définition que l’O.M.S 5 donne de la santé est la suivante : « Un état de bien être mental, physique et social ». Être en bonne santé, c’est également prendre sa place dans une vie sociale harmonieuse.

    Par-delà de ce simple constat, les problèmes de santé physique ou mentale (ils semblent se développer dans notre société) sont des obstacles à l’engagement de chacun dans la vie démocratique. La prise en compte des questions de santé dépasse une vision égalitaire de l’accès au droit : c’est une exigence politique pour assurer la place de chacun dans le développement démocratique de nos structures et sur les territoires où nous sommes implantés.

    Pour cette raison, il serait pertinent que les Centres Sociaux de Rhône-Alpes engagent une réflexion collective sur ce sujet et au-delà des contacts nombreux qui existent sur le terrain, assument leur place de partenaire régional des associations qui agissent sur le terrain.



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      16 septembre 2008 19:27, par 出会い
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